16.07.2008

Ta côte surnuméraire

squelette.jpgJ'aime tant ta côte surnuméraire... Elle est anguleuse, juste comme il faut, comme un silex un peu émoussé. J'aime la toucher doucement juste après l'amour, quand tu n'es plus tout à fait toi et que je suis complètement à toi. Elle me fait penser à la création de l'univers, au serpent, à la pomme. Elle me fait penser à toi mon Eve, si jolie. Mais désespérement loin, maintenant... J'aime la ligne de ton dos, j'aime compter tes vertèbres qui me guident comme un sentier caillouteux vers les délices et le bonheur. Les cervicales, les dorsales, les lombaires, les sacrées, autant d'obstacles doux et sensibles avant de parvenir aux coccygiennes. Là, ma langue, avec une impatience mal contenue, fouille et farfouille comme un fourmillier, à la recherche de tes senteurs qui me manquent tant. Et qui sont si loin, maintenant... J'aime tes longs fémurs, interminables, qui rendent tes robes et tes jupes si attrayantes. J'aime remonter ta rotule et parcourir à quelques doigts tes jambes affolantes. J'aime ouvrir en forme de vé cette porte qui m'est restée trop longtemps fermée. J'aime le creux derrière tes genoux ou chaque effleurement t'arrache un petit cri d'oiseau, si émouvant que j'aimerais que tu ais des genoux partout... Tu es mon pinson d'amour mais tu es si loin maintenant... Un jour j'ai franchi l'inacceptable, l'improbable, la frontière de l'impudeur...j'ai posé ma main sur ton métatarse et j'ai ressenti un plaisir nouveau, indescriptible. Cette chose inconnue pour moi, prenait d'un seul coup toute sa saveur. C'était comme une troisième main, un outil du diable, long comme il faut, excitant comme une décharge , comme la première fois où enfant j'ai mis les doigts dans une prise électrique. Tu m'as foudroyé, comme un de ses orages qui assombrissent la montagne corse, mais tu es si loin maintenant. J'aime la forme de tes maxillaires, que j'aime masser et embrasser délicatement. Quand je te regarde dormir, je mets en équation les courbes de ton visage et j'essaie de découvrir la clef de la beauté. L'os malaire, les os du nez et l'os frontal s'assemblent en une composition inoubliable, délicatement sensuelle, comme les lamelles de pomme de terre du gratin dauphinois de ma grand mère. J'ai envie de t'embrasser, Valérie, à la fois avec violence mais aussi tendrement pour ne pas abimer ce qui restera mes vestiges à moi. A jamais, Valérie...tu es si loin. Et quand ces billes vertes, venues d'ailleurs, qui roulent dans des cavités orbitaires, véritables écrins d'amour, m'éclaireront à nouveau, alors je serais heureux. Tu es mon squelette à moi Tu es la femme que j'aime... just a green light through the night

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