16.07.2008

la ville est belle

lyon.jpgC'est long et triste une nuit sans toi. La ville est pourtant belle, là où les ombres dansent jusqu'au petit matin. Les rues sont désertes, les lampadaires blafards, la pluie sonne le tocsin d'une journée d'été mélancolique... Je me suis arrêté contre la grille fermée d'une boutique. Je revois les moments passés ensemble, le délice de nos étreintes et je ne comprends pas. Pourquoi ce soir ce silence ? Je devine ton rire cristallin, je vois tes yeux qui s'illuminent, je sens ton corps qui s'anime...mais tu n'es pas là. Tu es ailleurs, loin de moi... Tu ris, tu es belle, tu es bien...je t'envie...et j'envie les autres. Je m'affaisse un peu plus, il fait froid. J'éprouve un désir immense d'être dans tes bras, désir presque irréel, impossible. Les souvenirs tourmentent mon esprit, les danses avec toi, les rires avec toi, l'amour avec toi ont ils existé ? J 'agrippe mon bras, comme pour me sentir vivant, comme pour me prouver que tout est vrai...Je t'ai aimé comme jamais et ce soir je suis seul... La ville est belle la nuit, pour les gens heureux. J'aurais eu envie de te prendre par la main et courir dans les ruelles mal éclairées. J'aurais profité des traboules ou des portes cochères pour te dire mon amour, nous aurions écumé les endroits où on danse, où on peut sentir le plaisir qui monte. Je t'imagine sur la plage, danser, lassivement, sous des regards insistants, j'imagine des corps à corps furtifs le temps d'une danse latino. J'entends résonner ton rire, ta joie, ton insousiance. Je t'aime et je suis heureux pour toi. Mais j'ai mal. La ville est belle la nuit pour les gens qui s'aiment. J'imagine ton visage que j'aime tant, ce sourire espiègle qui me fait craquer, ton ventre qui chaloupe...Les brumes de l'alcool et de la solitude altèrent les images de notre amour. Je sens en moi toujours les mêmes frissons mais je suis las. J'aurais pu t'aimer, oublier le futur proche pour me délecter de toi au présent. J'ai choisi le silence, pesant, insupportable pour moi, pour te protéger. Mais ce silence me taraude, me ronge, me noue. comment est-il possible de se faire autant de mal ? J'imagine ton indifférence...La ville peut être laide aussi, la nuit. Les oiseaux de proie tournoient au-dessus de moi. Les cafards grouillent et pénètrent mon corps. Mon sang ne circule plus, je suis glacé. Je rêve de violence, de vitesse, d'intensité. Je rêve d'explosion, de nuit bleue. La douleur qui est en moi est insidieuse. Elle me détruit sans scrupule. Un couple marche, enlassé. Je les hais. Ils passent devant moi, sans un regard. je ne suis peut-être même pas là. Un amour absent m'a rendu informe, insipide... Je n'ai conscience de rien. J'aurais aimé mourir un jour d'amour avec toi... Valérie, la terre corse est peut-être le tombeau de notre amour. Le temps et la distance l'ont rendu flou, sans contour, inéluctablement, en dépit de la passion. Pourtant je t'aime, comme jamais. just a green ray through the night

Commentaires

A fleur de peau, tout en légèreté, tes mots sont sublimes.
Soirée bonne.

Ecrit par : Sév | 17.07.2008

Très beau texte, très touchant.
Qui n'a pas ressenti ce sentiment, je me le demande.
L'amour est souvent notre plus grande souffrance... Pourtant, pourrions-nous nous passer de souffrir et d'aimer?
Ton texte m'a donné à réfléchir, bravo.

Ecrit par : Sapna | 17.07.2008

je suis sans voix ...la souffrance qui fleure à chaque mot ... Le temps , le temps ... il n'y a rien d'autre dans la situation apparamment ingérable.

Ecrit par : Gil Brieuc | 18.07.2008

Ecrire un commentaire