16.07.2008

La saule se balance

saule.jpgPar delà la colline sombre je te devine. Le saule se balance doucement en un ample mouvement moqueur. Il fait gris, les couleurs ont disparu, absorbées par un ciel gourmand. Mon esprit a fuit le carcan de mon corps recroquevillé. Il suit les courbes légères du val. Il te rejoint. La ville est calme. La pie voleuse observe le manège de cette lumière qui fuit . La lumière de mon esprit. Les obstacles n'existent plus. Chaque mur lui donne les ailes de l'amour. Les yeux mi-clos, je le piste à travers les dédales de la cité. Mon esprit file pour puiser en toi les ressources de la vie. Le saule se balance doucement en me narguant dans une danse de rap chaloupée. Tu es là certainement, entourée par une muraille de protection, érigée par les gardiens de la volupté. L'esprit hésite. Et si tu haïssais la lumière ? Tu es là, attentive et intriguée par ce rayon qui irrigue le vert de tes yeux. Les yeux mi-clos, je te souris. D'un geste rageur je balaye toutes les incertitudes, le fantasme n'est plus fantôme. Je peux le palper, le happer, le laper. Ton corps fluide glisse entre mes doigts. J'emplis mes poumons de ton parfum euphorisant, source de visions et de jouissance. Tu ne bouges pas, irréelle. Sourire à jamais figé, image délicieuse d'une rencontre d'un troisième type. Mon esprit n'en peut plus. La lumière frole ton corps et s'offre à toi. Tu recules, amusée par tant d'empressement. Les lignes de ton corps sont pures et ondulantes. L'esprit se faufile dans ton labyrinthe secret. La lumière jaillit. Tu sembles enfin heureuse. Les yeux mi-clos j'aperçois le vieux saule qui se balance doucement. Ta bouche pleine de saveurs effleure cette comète impromptue. Tu te donnes à cette étrange lumière, sans retenue. Un crépitement subit, oeuvre de l'artificier du diable me fait recouvrer les esprits. Tous sauf un. Celui qui maintenant est en toi, malgré toutes les résistances, les peurs et les refus. Il sera à jamais le trait d'union d'une histoire vécue, sensuelle et infinie. Infinie... Les yeux mi-clos je me jure de couper ce vieux saule qui sourit. Les yeux mi-clos , Valérie, je me délecte de ton amour...et je pleure... Just a green ray through the night...

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