16.07.2008
La mer de corse est verte
La mer t'a engloutie. C'est comme si des tonnes d'eau se refermait sur notre amour. Je t'imagine, loin, emportée au gré des flots, sans que je puisse te retenir. Ton esprit est loin, ton corps innaccessible. Tes yeux disparaissent progressivement dans le crépuscule . Le souffle du vent te rafraichit. Je ne sais pas ce que tu penses. Tu regardes la mer. La mer de Corse est souvent verte comme ton regard. Les couleurs se reflètent sur ton visage. Tu es belle. Sur le pont du bateau, tu es heureuse. Je pense à toi. Tu es ailleurs. J'aurais aimé être avec toi. Te serrer dans mes bras, regarder l'horizon ensemble, sentir des cheveux contre mon visage. Te serrer fort pour penser à l'avenir. Oublier le reste. Je t'aurais chuchoté des mots d'amour à l'oreille, des mots qui sentent bon le bonheur. Je t'aurais donné mon pull pour que tu n'ais pas froid. J'aurais pu être tendre avec toi. J'aurais chassé les légionnaires de Solenzara en quête de proie pour un soir... J'aurais gardé espoir... Mais je suis seul. Je connais les fins de voyage, où l'agitation commence à gagner les passagers, quand on commence à voir les premiers rivages de l'île. J'entends encore les cornes qui annoncent l'arrivée des continentaux. Je connais la joie de ceux qui attendent l'être aimé, sur le quai et l'impatience du débarquement. Je connais le bonheur de t'attendre, Valérie. Mais je ne serai pas là. Ton sourire me manque. La Corse me rappelle des souvenirs étranges, oubliés jusqu'à maintenant. La liaison ferrovière cahotique entre Bastia et Ajaccio, la traversée de Vizzavona. Le brucciu dégusté le soir dans les criques sauvages, la beauté du coucher du soleil ... Les bains de minuit... J'aurais aimé prendre un bain de minuit avec toi. Je t'imagine sur la plage, halée pour être encore plus jolie, en train de rêver sous les embruns. J'aurais aimé partager tes lectures, tes moments de farniente. J'aurais aimé te faire un doux calin à l'abri des rochers, respirer ta peau, doucement, lentement, tendrement. J'aime savoir que tu es tranquille, comme je t'ai vue quelquefois, rayonnante comme je t'ai toujours vue. Je pense à toi, Valérie... just a green ray through the night
20:24 Publié dans Amour fou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire